12.02.2006

La punition

Je ne sais pas d'où ça vient et pourtant j'aimerais bien le savoir. Je ne désespère pas d'y parvenir.
Mais voilà, on échappe pas à ses lubies, même quand elles sont désastreuses, qu'elles vous amènent parfois au fond du gouffre.
J'ai toujours été vérouillé par la peur de déplaire. De n'être pas assez beau (et de fait je ne m'aime pas), pas assez fort (et je ne suis pas très costaud), pas assez intelligent (la culture ça ne remplace pas et puis la quelle ? Le titre du 43rd regiment of Foot (Ox and Bucks - trop fastoche!), qu'est-ce qu'on s'en fout), trop hâbleur (et j'ai du mal à fermer ma gueule), trop prétentieux (et il m'arrive de l'être), trop vulgaire (n'en jetez plus!)...
Et j'ai toujours l'impression que la punition va être immédiate. Brutale. Et définitive. Ah, tu n'est pas d'accord? Ah, tu viens de dire quelque chose d'inexact? Ah, tu t'es trompé? Ah tu as des défauts?
Et bien... MANGE. CHAUD. TOUT DE SUITE. JE TE QUITTE. TU NE VAUX RIEN. TU N'ES QU'UNE MERDE.
C'est un état fréquent, que j'évite d'étaler, ça effraye les gens. Je le garde pour moi. Mais dans ces moments là, c'est une évidence : J'ai pas le droit à l'erreur. Je ne peux pas me le permettre. Vous si, bien sûr, vous l'avez parce que vous tous, vous êtes tellement formidables et je le pense. Mais moi je sais très bien que si je tombe, je tomberai seul.
Je suis le clown qui fait du stage diving et face auquel la foule s'écarte pour le regarder s'écraser au sol en riant de sa bêtise et de ses côtes cassées.
Je suis le mendiant du métro qui rentre dans la rame et ne prononce plus un mot.
Je suis derrière chaque visage d'enfant ayant perdu sa mère ou son jouet le plus cher.
Je suis le soldat mort dans chacune de mes guerres.
Je ne suis presque déja plus là. Sauf parfois, quand je peux glisser ma main dans son cou ou ses cheveux. Même si ça m'angoisse terriblement, que j'ai souvent du mal à ne pas penser que tout ceci n'est qu'une farce, que le rideau va tomber et qu'elle va regagner sa loge en me disant "bonsoir - tu n'oublies pas que demain, c'est relâche?"
Le re-lâche, c'est moi. Demain ça sera forcément mon jour. Ou pas.

Ce soir là

Ce soir là, j'ai entendu une des pires phrases que peut prononcer un être humain : "je me hais".
Ce soir là, elle était pourtant comme avant et elle est restée de même après.
Ce soir là, j'ai eu très peur pour elle, pour nous pour moi. Pendant une fraction de seconde, je me suis dit que ça n'allait pas être possible, que c'était sûrement moi qui la mettait dans un état pareil. Je me suis demandé ce que j'avais pu faire et dire qui l'avait à ce point destabilisée.
Ce soir là elle pleurait à chaudes larmes. Ce n'était pas la première fois, je l'avais déjà vu pleurer, de joie, mais pas comme ça.
Ce soir là elle a fait confiance.
Ce soir là, elle a enfin, enfin, enfin baissé la garde.
Ce soir là, elle l'a crachée sa valda, mieux qu'elle ne l'avait jamais fait devant moi.
Ce soir là, ça flatte mon égo, je me suis soudain senti important. Je ne suis pas sûr de m'être jamais senti important juste pour qui je suis.
Ce soir là elle n'était pas plus belle que la veille, mais certainement pas moins.
Ce soir là, sans rien dire, elle a dit "je suis vivante"
Elle a dit "je suis frêle"
Elle a dit "je suis comme ça, c'est moi aussi"
Elle a dit "c'est trop lourd à porter tout seul, même quand on est un bon petit soldat"
Ce soir là j'avais les mains qui pesaient des tonnes, les mots qui restaient collés dans la bouche. Moi qui suis si prompt à raconter des conneries, ma nonchalance n'était plus de mise.
Ce soir là j'ai compris que quand elle dit "aïe" c'est pas du flan. La preuve en larmes sur blanc.
Ce soir là, j'aurais aimé trouver des mots qui ne sont pas sortis.
Ce soir là, j'ai pas pu le lui dire, parce que je pensais que ça lui ferait une belle jambe et qu'elle les a belles, ses jambes. Je voulais lui dire "peut-être que ça change rien pour toi, mon ange, mais si toi tu te hais, moi je t'aime."
Mais dès fois, peut-être, avec les mains, les bras, les doigts passés dans les cheveux, on arrive à dire ça.

Ces choses là, ça ne se dit pas

Je rentre, je sors de l'hôtel. Il commence à faire jour dans Paris. Je suis en T-shirt mais j'ai pas froid. On a fait l'amour pendant presque 4 heures d'affilée.
Je marche vite, à pas redoublés. C'est bizarre, avec elle, j'arrive pas à éjaculer. C'est sans doute parce qu'elle ne prend pas la pilule. C'est pas la première avec qui ça me le fait ce coup là. Mais d'habitude, ça me fait mal au bas ventre. Et là pas. "C'est si bizarre" dirait mon amie Anne...
Rhabillé comme un con? Un peu, mon neveu.
L'air frais du matin caresse ma peau. Ca sent le pain chaud dans les rues de Paris, les boulangers préparent leur livraison du matin.
Ca sent bon. mais qu'est-ce qui sent bon comme ça? Je sais. Son odeur. Mon visage en est couvert, mes doigts aussi. Ca sent elle, son parfum, celui que seul ceux qui l'ont eu nue connaissent. C'est délicieux. Ca chatouille mes narines et c'est doux. Les rues de Paris sentent son parfum, qui filtre le reste. Pour un peu, je m'en pourlècherais. C'est enivrant. Et je vais me coucher avec son parfum, son odeur. Ce matin, je vais dormir, bien; comme en elle.

On ne peut pas tout dire

Un jour peut-être. Un jour. Un jour, je lui dirais tout. Je lui dirais mes abîmes et mes errances. Un jour. Mes croix, le coeur qui lâche, la volonté qui part en sucette. Un jour. Mais pas maintenant.
Pas aujourd'hui qu'elle s'est faite si belle, qu'elle est si belle dans sa robe rouge.
Pas maintenant, pas en terrasse de ce café où le serveur lui fait gentiment du gringue et où les trois garçons assis à ma gauche et à sa droite la regardent, cette belle fille à la peau constellée de tâches de rousseur qui boit de grandes gorgées de bière et croque à pleines dents dans des rondelles de citron.
Pas maintenant, surtout pas, maintenant qu'elle trébuche alors qu'elle est assise, qu'elle à l'air perdue et éperdue et qu'elle préfèrerait crever plutôt que de le dire ou de le laisser paraître. Pourrait-elle croire que je peux non pas l'aider, ce n'est pas ça, mais qu'elle peut compter sur moi et qu'elle a raison, alors que je suis brisé? Que je fais n'importe quoi? que je ne sens plus mon coeur battre? Que je ne sais plus où j'en suis? Non, c'est pas le moment, pas maintenant. C'est l'heure de faire semblant. Et de se taire, de le taire.
Elle déteste ça, qu'on lui mente. Elle a raison, dans un sens, le mensonge, c'est un poison. C'est ridicule alors, pourquoi le taire? Parce que j'ai peur moi aussi, aussi peur qu'elle. Peur qu'elle prenne ses jambes à son cou, qu'elle me trouve vraiment trop con ou trop sensible ou trop déconnecté de la vie à son goût. Peur qu'elle ne se rende compte que le terme de "snob" n'est peut-être que la façon gentille de dire "petit connard prétentieux et bouffi d'orgueil" des gens qu'on aime avant de les prendre, cruelle désillusion, pour ce qu'ils sont.
Mais c'est pas de ça qu'il est question; Moi ça me DEVASTE de la voir comme ça. Je comprends pas. Pourquoi elle n'arrive pas à vivre, pourquoi ses jambes pèsent des tonnes, pourquoi elle manie la politesse du désespoir, pourquoi elle préfère en rire mais se sent impuissante, pourquoi on se ressemble tellement alors qu'on est si différents? Mais c'est pas le moment.

Dans les rues du 14e on presse le pas et on se perd 10 fois, "ah, ah, tu sais marcher aussi vite que moi, on va voir ça!"
Quand on arrive à l'hôtel, je repense à celui que j'ai réservé un mois avant et je me sens soudain très misérable tant le lieu que nous visitons est enchanteur à côté de celui que j'avais dégoté au raccroc. Mais c'est pas le moment de lui dire, de faire ma pleureuse. C'est celui d'être juste émerveillé, d'oublier que la vie c'est parfois une compétition et de se souvenir que pas avec elle.

La chambre est géniale. Le lit est génial, la fenêtre est géniale, ses jambes sont géniales, ses cheveux sont géniaux, son visage est si beau, son sourire est génial, son sexe est génial, ses seins sont géniaux et c'est génial de faire l'amour avec elle, lentement, calmement, sans se presser, en prenant du plaisir et en en donnant.
On peut sortir dehors et profiter de la caresse du vent sur nos peaux presques nues, parce qu'elle a revêtu mon t-shirt et que ça lui va bien. C'est pas le moment. Pas le moment de lui dire que je me sens minable, pas bien, au fond du trou, à deux doigts de mourir, que je suis en vrac, que je ne contrôle plus rien. Pourquoi? Pourquoi c'est pas le moment? Parce qu'en ce moment précis, justement, c'est pas ça ma vie. Elle fume sa cigarette, on cause, on se caresse et on y retourne.
Sur le lit, on s'embrasse, on se caresse et c'est reparti.
Et puis je me rhabille et je rentre chez moi. Il est 5 heures du matin, les oiseaux chantent. C'était pas le bon jour, pas le bon moment, pas le bon instant. Pourquoi j'arrive pas à lui dire que j'arrive plus à me projeter dans rien? Pourquoi j'arrive pas à lui dire que ça fait deux mois que mes romans sont au point mort? Peut-être parce que ça ne la regarde pas. Mais aussi parce que, à ses côtés, tout ça n'est que très relatif. Et c'est peut-être ce qui me fait le plus peur. Ou le plus plaisir. Je ne sais pas.

Je te prends comme tu es

Je la prends comme elle est. Je te prends comme tu es.
Je te prends dans ma bouche, je te prends comme tu es, comme tu viens.
Je te prends toute entière.
Je te prends comme tu es, avec ta carcasse trop lourde ou trop légère et trop fragile.
Je te prends telle que tu te donnes à voir, fragile ou forte, pleine d'envies ou de dégoûts
Je te prends comme tu viens. Tu sens bon, dans les cheveux dans le cou.
Tu es ma reine et c'est pas rien même si au scrabble c'est presque idem.
Je me prends à ton jeu, je me prends à t'aimer, je me pends à ton cou je m'éprends de tes yeux, je m'apprends à faire mieux.
Mais c'est tout pour ce soir et c'est pas parce qu'il pleut.

Cet après-midi là

Cet après midi là, on est passé aux choses sérieuses, mais on n'a pas pu s'en empêcher : il a fallu qu'on les fasse pas trop sérieusement, sans solennité excessive. On était dans ta cuisine, on venait de finir notre petit déjeuner. Et puis, je ne sais plus comment, mais voila qu'on se retrouve debout, à s'embrasser, se caresser, et moi, furieusement mais voluptueusement, j'ai envie de faire l'amour avec toi, envie que tu me prennes, envie de te prendre.
C'est drôle cette expression : "prends-moi". C'est les filles qui sont censées dire ça. Mais c'est bien elles qui nous prennent, en elles. Alors ça rime à quoi?
Moi, je sais mal dire mon désir, même si j'y arrive quand même, rassurez-vous. Je lui dis que j'ai quelque chose à lui proposer. Et si on allait faire les courses? Elle rit, moi aussi. je la prends par la main. Et on le monte ensemble cet escalier. Depuis le temps que j'en rêve sans savoir que j'en rêve : on va faire l'amour en pleine lumière. Il fait grand soleil. Et ça nous va bien. Je nous trouve beaux tous les deux. Surtout que tu t'es remplumée et que ça te va à ravir. Tu me ravis, tu me prends, mais je ne suis pas ton prisonnier.
Et puis tout à une fin, mais laquelle? Ce que je sais, c'est qu'à un moment, au bout d'un moment, très long, je me réveille. Il est tard. J'ai dormi seul, longtemps. Je redescends et toi tu es installée, confortablement, dans ton canapé, habillée, douchée, tu lis un livre. Tu sens le frais. Moi je vais prendre ma douche. On va bientôt manger. Ca sera quoi? Notre déjeuner? Notre dîner? On s'en fout.
Ce qui me désole, quand j'entre sous la douche, c'est de me dire que le quotidien, c'est jamais comme ça. Puis me vient l'idée que si ça se trouve, avec toi, si. Alors, sous le jet de cette eau pile à la bonne température qui fouette ma peau, je sens tout à coup un sourire radieux s’afficher sur mes lèvres.

Clair de lune et papiers dérangés

Ce soir là, tu étais bien. Les volets entrouverts, comme il fallait, le bon éclairage, un stylo, du papier. Seule. Et puis il a un peu tout gâché en ouvrant la porte. Le courant d’air. La magie de l’instant s’est envolée. L’éclairage n’était plus le même. Ca devenait peut-être presque moche. C’était fini. Tu ne lui as rien dit. On ne peut pas en vouloir à quelqu’un qui avec qui on vit et qui vient vous dire « bonne nuit » avant d’aller au lit. C’est ce que tu crois. Parce qu’au fond, le problème n’est pas tant la personne avec qui on vit que les sentiments que l’on a pour elle. Si tu l’avais, à ce moment là, aimé cet homme, tu te serais retourné vivement pour lui dire de faire attention au courant d’air. S’il t’avait aimé, tu aurais pu le lui dire. Il aurait tenté de réparer et quand bien même il ne l’aurait pas aussi bien réparé que ça, tu le lui aurais pardonné, parce que c’est pas si grave, un millimètre. Faut être modeste : Entre la beauté et la laideur d’un visage, dès fois, ça se joue à quoi ? un nez un tout petit peu trop long, un front un peu trop fuyant, des pommettes un peu trop saillantes, mais de combien ? Si tu l’avais aimé cet homme, tu aurais peut-être eu envie de partager ça après t’en être régalée toute seule, tu serais peut-être descendue le chercher à pas de loup dans l’escalier. Devant sa mine interdite parce que tu viens de te saisir de la télécommande et de couper le film en mettant ton index sur sa bouche, tu aurais souri de toutes tes dents. Tu l’aurais pris par la main et vous auriez monté lentement l’escalier. Il se serait dit, s’il t’aimait cet homme, que tu avais une envie folle de faire l’amour avec lui et aurait sentir son désir monter l’escalier avec lui. Alors peut-être qu’il aurait été un peu étonné que, toujours sans un mot, tu lui montres le clair de lune. Peut-être d’ailleurs que vous auriez fait l’amour comme ça, devant la fenêtre et la lune. Mais vous n’étiez juste pas les bonnes personnes. Et que vous n’ayez pas été les bonnes personnes ne signifie pas, pas plus pour lui que pour toi, que ce genre d’évènements n’est réservé qu’à la littérature.

Elle émoi

… Nous sommes de sacrés numéros. Vous nous auriez vu, il y a dix ans, on était carrément attendrissants. Faut le dire, pour s’aimer à ce point et parvenir à refuser de le voir à ce point, il faut quand même déployer des trésors d’ingéniosité.

Notre mode de fonctionnement jouait alors pour beaucoup. Je ne lui présentai personne, elle ne me présentait personne. Je n’ai jamais été jaloux de toute ma vie, jamais, mais, inexplicablement, à la fac, quand je la voyais en train de discuter avec un joli garçon (ce qui ne pouvait que signifier –bien sûr- qu’elle allait se le taper bientôt), ça me faisait un peu chier. Pas au point de me rouler par terre ni de piquer ma crise. Mais… comment dire… ça me faisait bizarre, j’aimais pas. Etonnant pour un bon ami, vous ne trouvez pas ? Franchement, non ?

En nous voyant seul à seul, nous sommes arrivés à nos fins : personne, pas un ami pour se poiler en nous voyant tous deux jouer les Oreste et Pylade. Pas un pour me dire « dis-donc mon con, quand tu auras fini ton petit numéro à deux balles qui ne trompe personne, tu me feras le plaisir de la saisir par la taille et à mon avis, elle se laissera faire. » Pas une amie pour lui dire « dis-donc, ma grande, tu es amoureuse de lui ça crève les yeux, c’est réciproque, vous attendez quoi exactement ? »

Alors quand un soir, chez elle, dans son deux-pièces, nos corps se parlent enfin, on s’attend, elle et moi à tout sauf à ça. On est juste des amis, vous voyez. Ce n’est qu’un dérapage, mais très contrôlé, bien sûr, on a la tête sur les épaules. Sauf que nos corps savent depuis longtemps ce que nos petites têtes ignorent : on s’adore. Et là, on se retrouve un peu pantois, un peu emmerdés - très effrayé pour moi. Je ne le saurais que des années plus tard, mais sous ses dehors de « j’assure en Rodier », elle n’en mène pas plus large que moi. Je n’étais certes pas venu pour tirer un coup de plus, j’ai, malgré mon jeune âge, déjà passé le cap de la collection. J’ai déjà fait provision de corps, de culs et du reste. Là je viens de basculer. Je vais vivre avec cette interrogation dix ans. Dans l’intervalle, les semaines qui suivent, on refait l’amour ensemble. A chaque fois, un truc dingue, d’une émotion jamais vue.

Je sais qu’il y a des couples illégitimes (c’est alors notre cas) qui se retrouvent, s’embrassent, se déshabillent, font l’amour, et puis qui causent après, pendant une petite heure, puis, lui fait place nette parce que sa femme va arriver, elle se rhabille, rentre chez elle, embrasse les enfants que le petit mar(r)i est allé chercher à l’école et chez la nounou, demande s’il y a eu du courrier…

Nous c’est le contraire. On ne se voit pas pour faire l’amour ensemble. On se voit parce qu’on a envie de se voir. De discuter, d’échanger. Et puis, tard, très tard, dès fois en milieu de nuit, vers deux heures, trois heures du matin, on va se coucher. Et là, à ce moment là, seulement, le désir qui est monté tranquillement éclot. Mais on ne se jette pas l’un sur l’autre. C’est aussi calme et doux que le reste de nos discussions, sauf que l’on ne bavarde plus.

Non, c’est faux. On cause. En fait, on poursuit la conversation, autrement. Ce qui est drôle, c’est que j’ai fini par savoir que cette fille déteste son corps, qu’elle s’exècre. Il y a des mystères dans la vie. Comment comprendre que Romy Schneider ne s’aimait pas, par exemple ? Moi je la trouve belle et désirable. Vous allez penser que c’est pour ça, que je suis calculateur, que je prends mon temps pour ne pas la brusquer, que je la laisse, au cours de la soirée, se faire, petit à petit, à l’idée qu’elle va bien devoir me le donner son corps, quand bien même elle ne le veut pas ou que ça lui fait peur. Mais non, c’est ça le pire. Moi qui peut être extrêmement calculateur, surtout dans ce domaine, qui l’ait hélas été et, hélas encore, avec beaucoup de succès, parce que c’est pas très glorieux quand même, mais hélas ça marche, ben j’arrive pas à le calculer. Ce n’est pas que je n’ai aucune envie d’elle (si vous saviez !) mais c’est un tout. Et moi je prends tout en entier. Et elle donc ! Et elle, donc.