23.02.2006

A House Is Not a Motel

Définitivement, une maison, un foyer n'est pas un motel. Un endroit où l'on vient quand on veut, dont on repart quand ça vous chante. Une maison, un foyer, c'est pas ça. Et c'est pas toujours facile à mettre en place, à faire comprendre : mon père me le répetait suffisemment : "c'est pas l'hôtel ici", me signifiant que je pouvais difficilement m'extraire de certaines contraintes à minima régissant la vie en commun, quand bien même j'avais quinze ans et je me foutais de tout sans m'en cacher : l'horaire des repas ou l'heure des sorties, par exemple.
Peut-être est-ce dû au fait que notre première maison à deux fut un hotel, qui nous abrita deux jours durant à Caen, en avril de l'année dernière. Mais je ne crois pas
Nadège. Oui, c'est son nom. Que vous dire d'elle si ce n'est que son problème c'est de ne pas être Linda Evangelista avec le cerveau d'Albert Einstein? C'est vrai qu'elle n'est ni l'un ni l'autre, mais sans déconner qu'est-ce qu'on s'en fout ! Pourtant, elle a failli en mourir à plusieurs reprises, mon andouille de Vire.
Ceci dit, cette digression nous éloigne du sujet : A House is Not a Motel. C'est pas de moi. C'est le titre d'une chanson. C'est drôle, car elle a été écrite dans une période où tout semblait libre et possible. Mais où, malgré tout cela, des règles, certaines règles en tout cas, existaient. Elles en remplacaient d'autres.
Oui, a House is not a Motel. La vie même n'est pas un Motel. On ne peut s'en extraire sans danger. Car elle est toujours là, tapie au coin du bois et elle ne vous rate que très rarement.
Les deux premiers vers de cette chanson sont :

At my house I’ve got no shackles
You can come and look if you want to


Chez moi, il n'y a pas d'entraves,
tu peux venir voir si tu le souhaites.

La vie c'est des contraintes. Aimer en est une. Les contraintes rendent libres. C'est sur elles que l'on ricoche et que la vie rebondit. Il n'est pas de personne au monde plus entravée que celle qui ne se donne aucune limite. Parcequ'il n'est rien de plus beau et rien de plus noble que les contraintes auxquelles l'on décide, librement, de s'astreindre. Et la preuve de ce que j'avance, c'est que le nom du groupe qui, en 1967, interpréta la chanson qui donne le titre de cette note, à un nom qui colle parfaitement à l'occasion : Love.

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