12.02.2006
Tes mains
Je les aime tes mains, chérie.
Sont-elles belles, sont-elles féminines comme l'on peut dire, longues et fines comme les mains des filles sont censées l'être? Pas vraiment.
Je sais bien que tu ne les aimes guère, mais je serais bien en peine de citer une partie de ton corps que tu aimes; au mieux, me semble-t-il, il est des endroits que tu ne détestes pas trop.
Tes mains sentent souvent le tabac. Moins qu'avant, qu'avant quand tu fumais des gitanes brunes au goût acre, qui te laissaient parfois des marques sur les doigts.
Je ne trouvais pas cela disgrâcieux. Mon grand père avait des marques similaires, pires encore je crois. Et surtout, les gitanes maïs qu'il fumait avaient fini par colorer très légèrement sa moustache. C'est le principe de la clope au bec.
Pendant des années, j'ai rêvé d'une photo affichée dans l'entrée de ton appartement rue des Gobelins, où tu te tenais sur un tourniquet. Elle te décrivait aussi bien que toi alors, et ça continue.
Ce soir, alors que nous discutons au téléphone, je contemple cette photo que j'ai tant et tant désirée et qui trône dans mon salon, et je remarque que tu n'a pas perdu tes mains d'enfant, agrippant les barres metalliques. Tu les as toujours, c'est ce qui les qualifie le mieux. Des mains d'enfant. Ton sourire d'enfant aussi, tu ne l'as pas perdu.
Des yeux d'enfant et des mains d'enfant, sur tout ce que tu embrasses du regard, ce que tu touches. J'adore ça. J'aime les enfants, même s'ils m'intimident tant.
Je n'aime rien tant que tes mains quand elles se posent sur moi. Sur mon dos, que tu caresses sans te gêner alors que je te le tourne et que je vaque à mes occupations, la main que tu passes sur mon visage pour y recuillir la larme qui va couler, la main, impudique, qui parfois se glisse dans ma culotte; celle du train, qui guidait la mienne vers ton entrejambe. Celle que tu promènes parfois sur mes cheveux quand je viens mettre ma tête entre tes cuisses.
C'est peut-être pour cela que j'adore la veille de nos retrouvailles. Quand je peux enfin te dire :
A deux mains, mon ange.
18:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Les plus tendres amoureux sont portés au blason. En l'honneur de tes textes si émouvament transis que j'ai fondu mon fauteuil aussi, j'offre celui de Brassens "Rien à jeter" à votre placard pour deux...
Sans ses cheveux qui volent
J'aurais, dorénavant,
Des difficultés folles
A voir d'où vient le vent.
Tout est bon chez elle, y a rien jeter,
Sur l'île déserte il faut tout emporter.
Je me demande comme
Subsister sans ses joues
M'offrant de belles pommes
Nouvelles chaque jour.
Tout est bon chez elle, y a rien jeter,
Sur l'île déserte il faut tout emporter.
Sans sa gorge, ma tête,
Dépourvue de coussin,
Reposerait par terre
Et rien n'est plus malsain.
Tout est bon chez elle, y a rien jeter,
Sur l'île déserte il faut tout emporter.
Sans ses hanches solides
Comment faire, demain,
Si je perds l'équilibre,
Pour accrocher mes mains ?
Tout est bon chez elle, y a rien jeter,
Sur l'île déserte il faut tout emporter.
Elle a mile autres choses
Précieuses encore
Mais, en spectacle, j'ose
Pas donner tout son corps.
Tout est bon chez elle, y a rien jeter,
Sur l'île déserte il faut tout emporter.
Des charmes de ma mie
J'en passe et des meilleurs.
Vos cours d'anatomie
Allez les prendre ailleurs.
Tout est bon chez elle, y a rien jeter,
Sur l'île déserte il faut tout emporter.
D'ailleurs, c'est sa faiblesse,
Elle tient ses os
Et jamais ne se laisse-
rait couper en morceaux.
Tout est bon chez elle, y a rien à jeter,
Sur l'île déserte il faut tout emporter.
Elle est quelque peu fière
Et chatouilleuse assez,
Et l'on doit tout entière
La prendre ou la laisser.
Tout est bon chez elle, y a rien jeter,
Sur l'île déserte il faut tout emporter
Merci mon major...
Ecrit par : Patricia | 12.02.2006
Les commentaires sont fermés.