12.02.2006
Ses improbables culottes
Elle et les fringues, c'est toute une histoire.
Elle ne prend pas soin d'elle. C'est du moins l'air qu'elle aime à se donner.
Elle ne prend pas soin de ce qui dépasse. Pas soin de ses mains, pas soin de son visage, pas de maquillage, pas soin de ses cheveux. Vous pouvez toujours vous brosser pour la voir peignée.
Mais pour le reste, elle se lotionne, se crème, se régénère, se dynamise, se déodorise, s'épile, se rase. Pour ne pas être accusée de prendre soin d'elle et que ça se sache. Pour qu'on ne pense pas qu'elle le fait pour plaire. Ou peut-être parce qu'elle ne réserve ces soins qu'à ceux qui ont la chance de voir autre chose que ce qu'elle donne à tout le monde : ses mains et sa tête bien faite. Si tel est le cas, je suis un vrai privilégié.
Vous ai-je dit à quelle point je la trouve belle ? C'est pire que ça : elle m'émeut, la vache.
Ses robes sont souvent incroyables. Je me souviens assez bien de celle qu'elle portait place du Châtelet. Vieille histoire toujours là. Je la revois monter dans son bus. On ne voyait qu'elle.
Mais ça m'éloigne de mon sujet.
Ses culottes sont émouvantes aussi. Le soin qu'elle met à les choisir tout autant. Simples, en coton, pratiques. Confortables. Elles lui dessinent admirablement la taille, dessinent joliement ses fesses. Leur couleur est souvent indéfinissable. Est-ce un rose ou un garance clair? Un rouge ou un marron carmin? Un violet ou du pourpre? Bien malin qui pourrait le dire, même si j'ai parfois eu l'occasion de la voir les mettre ou les enlever, c'est selon les envies, en plein jour. Dans le dernier cas, devinez quoi : c'était pour faire l'amour avec moi.
"Branleeeeeeeur !" dit le coeur antique à qui j'ai depuis bien longtemps mis l'o à la buche à force de dire qu'elle est belle.
Mais ses culottes méritent qu'on s'y attardent encore un peu.
Ses culottes sont en avance sur son âge. Pourtant, elles la rajeunissent. Elle n'a pas ou plus besoin de porte-jarettelles, de dessous transparents en dentelles, de strings ou de je ne sais quel artifice pour être une femme. Elle l'est et elle s'en fout, quand tant d'autres y aspirent. Elle voudrait n'être qu'une fille. Ca s'entend dans ce qu'elle dit de l'autre moitié de l'humanité. "Et toi, tu as déja couché avec un garçon?" N'importe qui d'autre dirait "un mec", "un homme". Mais son monde à elle est exclusivement rempli de filles et de garçons.
Ses culottes sont des "Petit Bateau" en majorité. Des culottes de gamine qui ne sait pas se tenir dans la rue et les montre à tout le monde sans malice aucune. Elle a inventé le concept du "cul pur" et s'en fait l'apôtre. Aux roses.
Ses culottes, c'est elle. Elles la tiennent, l'enserrent, la confortablent, la cotonisent, la souplent, l'élastiquent. Une fois débarrassée de sa robe ou de sa combinaison, de son pantalon ou de sa jupe, de son haut si elle en a un, de son soutien-gorge quand elle en met, avant d'être tout à fait nue, elle est tout ce qu'elle est et qu'elle ne sait pas :
Culottée.
17:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Les commentaires sont fermés.