12.02.2006

On partage ?

La question peut paraître saugrenue. Saugrenue qu'elle semble saugrenue, même. Car tu es très partageuse chérie, très prompte à faire profiter les autres de tes connaissances, tes expériences, belles ou moches, ton savoir-faire.
Je ne sais plus comment nous en sommes arrivés là. Sous les draps, nous devisions, ne parvenant pas à décider si nous avions envie de dormir ou de faire l'amour ensemble. Je crois que c'est moi qui ai proposé que nous faisions, en lieu en place, un baccalauréat à base unique de mots grossiers et liés au sexe. Je ne savais pas que je m'aventurais avec toi sur un terrain, c'est le cas de le dire, extrêmement glissant. C'est drôle, car il y a quelques mois, tu n'étais pas à l'aise avec ça. Il n'y a pas si longtemps, tu désirais prendre mon zizi dans ta bouche. Aujourd'hui, il t'arrive de vouloir sucer ma queue.
C'est en arrivant à la terre E que je lâche "éjac faciale". Tu trembles. "Tu l'as déjà fait?" me demandes-tu. Je réponds par l'affirmative, un souvenir pas très agréable au demeurant, car non voulu pour moi. Toi aussi tu l'as déjà fait, il y a longtemps, et je crois savoir avec qui, car il ne sont pas très nombreux les garçons avec qui tu as baisé sans préservatif. "Plutôt pas mal", dis-tu.
"Oh", ajoutes-tu dans un souffle, en frottant tes cheveux sur mon épaule, "j'adorerais". Mais pour cela, il faut que tu me masturbes. Tu as peur de ne pas y arriver mais tu viens pourtant placer ta joue gauche sur mon ventre. Ton visage touche presque mon sexe et je prends ta main pour te montrer où la placer et comment tu dois le tenir. Puis, longtemps, j'accompagne ton geste, qui devient de plus en plus assuré. C'est la première fois que tu branles un garçon et tu t'en sors très bien, car, bientôt, je me raidis de plus en plus, je sens mon sexe se gonfler et, soudain, un liquide épais et chaud bat dans l'air et viens mourir sur ton visage, dans ton cou, sur tes cheveux et mon ventre.
Tu pousses un petit grognement satisfait et je t'entends bientôt te repaître goulûment de mon sperme, le lapant à petite gorgées, ramassant celui qui est tombé sur mon ventre du bout des doigts et t'en délectant comme je t'ai déjà vu le faire quand tu prépares une pâte à tarte qui te colle aux doigts.
Ton visage s'approche alors du mien et un immense sourire illumine ton visage tout entier. "On partage?"
"Oui" fais-je dans un souffle. Alors lentement, tu viens poser tes lèvres sur les miennes, nos langues se mélangent, notre salive se mélange, mêlée à mon sperme, encore chaud, qui donne une consistance crémeuse et indéfinissable à nos baisers salés. Si c'est ça, partager ta vie, alors moi, je dis oui sans hésiter.

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