12.02.2006

Cet après-midi là

Cet après midi là, on est passé aux choses sérieuses, mais on n'a pas pu s'en empêcher : il a fallu qu'on les fasse pas trop sérieusement, sans solennité excessive. On était dans ta cuisine, on venait de finir notre petit déjeuner. Et puis, je ne sais plus comment, mais voila qu'on se retrouve debout, à s'embrasser, se caresser, et moi, furieusement mais voluptueusement, j'ai envie de faire l'amour avec toi, envie que tu me prennes, envie de te prendre.
C'est drôle cette expression : "prends-moi". C'est les filles qui sont censées dire ça. Mais c'est bien elles qui nous prennent, en elles. Alors ça rime à quoi?
Moi, je sais mal dire mon désir, même si j'y arrive quand même, rassurez-vous. Je lui dis que j'ai quelque chose à lui proposer. Et si on allait faire les courses? Elle rit, moi aussi. je la prends par la main. Et on le monte ensemble cet escalier. Depuis le temps que j'en rêve sans savoir que j'en rêve : on va faire l'amour en pleine lumière. Il fait grand soleil. Et ça nous va bien. Je nous trouve beaux tous les deux. Surtout que tu t'es remplumée et que ça te va à ravir. Tu me ravis, tu me prends, mais je ne suis pas ton prisonnier.
Et puis tout à une fin, mais laquelle? Ce que je sais, c'est qu'à un moment, au bout d'un moment, très long, je me réveille. Il est tard. J'ai dormi seul, longtemps. Je redescends et toi tu es installée, confortablement, dans ton canapé, habillée, douchée, tu lis un livre. Tu sens le frais. Moi je vais prendre ma douche. On va bientôt manger. Ca sera quoi? Notre déjeuner? Notre dîner? On s'en fout.
Ce qui me désole, quand j'entre sous la douche, c'est de me dire que le quotidien, c'est jamais comme ça. Puis me vient l'idée que si ça se trouve, avec toi, si. Alors, sous le jet de cette eau pile à la bonne température qui fouette ma peau, je sens tout à coup un sourire radieux s’afficher sur mes lèvres.

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